C'est un peu comme les ponts qu'elle construit de sa nuque aux mollets. La suspension voûtée, l'arc blanc crème qui finit sur deux branches chaleureuses, les dessins de colonne, le velouté des côtes, et sur les ralentisseurs la fente qui recèle les secrets du monde, ceux qu'on échange sur l'oreiller, pas tant que l'oreiller veuille écouter, mais qu'il est mordu ou agrippé. C'est un pont qui tient à ce que de gris nuages le prennent.
Alors je me laisse aller à pleuvoir aussi, puis à faire le brouillard à même sa peau, le pont-levis parallèle, qui s'abat sans poutrelles, affamé, et aux bruits des chaînes métaphoriques répondent les couinements des chaises qui grincent et des lits qui pépient.
C'est un peu comme les ponts, suspendus, affalés, écrasés, de biais, saouls, de face, de travers, dans le vide, à même le sol, elle s'étonnera que je les raconte sans les avoir tous franchis. Et moi, je penserai juste à un truc du quotidien... Je l'aime.