Pour rejoindre la Canebière depuis Lille, le Rouget avait bien plus d'un tour dans la Manche, mais s'y sachant attendu, par les chalands et les dragues des chaluts, il se trouva un passeur Mélomane des rivières, la Truite qui lui laissa pour mot de passe D957.
N'y voyant aucun mauvais cygne, pas plus que vautour de malheur, il prit la voie des rivières, et s'en arriva dans le sud, à Nîmes, où ses contacts étaient un couple local, une morue et sa patate. Impressionné par ce métissage, (qui a déjà vu l'effeuillage d'une morue saura comprendre), le Rouget en était ragaillardi. Et le voilà un beau matin qui arriva à Marseille.
Comme il se passait toujours ce qui était convenu, c'est sur la plage du Prophète, que le Rouget croisa une frégate, qui se trémoussait de ses atours rouges, qui serait ceux du Rouget après sa petite mort.
« Ma Sardine ! »
« Mon Rouget ! »
Et ils partirent en Renault sur les routes de France. C'étaient les années soixante. Et les voitures faisaient vraiment boîte de sardines.