Et puis à la fin quand tout s'arrête, une question. Idiote.
Y avait pas de fontaine. Pas de véritable. Pas de tangible. Pas une qui balance un petit geyser. Rien.
Si oui, un gros robinet où se laver les mains.
Y avait pas de question, non plus. Idiote, non plus.
Un frisson t'ai-je dit ? Non, de la jalousie émerveillée. Se dire, après tout ils sont plusieurs. Se dire, après tout rien à redire. C'est ce que je veux faire, moi, quand je serai grand.
Avec ces lumières là, ce grain là, cette musique là. Comme ça.
Il y a ce qui tombe sous le sens, et ce qui s'en échappe. C'est l'échappé que je ressens. Un moment de perfection, et se dire, qu'on le tient un instant, et que c'est tout ce qu'on a fait pour ça.
Mais là, c'est juste un film. Juste une histoire, une bobine qui défile dans une débauche d'or et de neige,de fleurs numériques échappées d'un flanc, d'un bonze stellaire, et d'une évidence criante, niée jusqu'à son acceptation éclatante : pourquoi les types seuls au cinéma, sont-ils toujours accompagnés par un orchestre symphonique et des choeurs ? comme si un piano tout seul ne pouvait pas surligner stabileusement leur majesté ? Le piano seul, c'est bon pour le générique... De la bobine, disais-je. Tu vois, je trouve à redire. C'est mille fois mieux quand c'est toi. Alors, je ne dis rien, je m'endors. Là aussi, je profite du hasard du moment de l'attente de la crainte de ne pas comprendre de ne pas être à la hauteur tout comme de ne pas être à la bassesse au plus simple au plus vil au plus pire d'en toi.
Je m'endors bien, je crois. C'est une des choses que je dois faire le mieux.
Sur la pointe des pieds de la sénilité.
- Tu dors ?
- Non.
Que je réponds en ronflant.
C'est mille fois mieux quand c'est toi, et d'un mille d'enfant qui ne sait pas compter plus loin que cinq et qui s'imagine mille bonbons, mille caresses, mille fleurs.
Alors, ça ne se raconte pas, pas de synopsis, pas de résumé en quatre lignes, ça s'embrasse.