Ainsi en fut-il de l'Histoire de la Bataille de Marathon.
Bien sûr tout le monde connaît la légende qui ponctue cette victoire grecque mémorable : ce jeune coureur, Philippidès, qui parcourut les 40 kilomètres séparant le champ de bataille de l'Agora d'Athènes pour avertir les citoyens de ne pas brûler la ville tels des Russes devant Napoléon, avant de mourir d'épuisement comme un crétin qui aurait loupé le ravitaillement en eau.
Et bien, il semblerait que cette histoire ne soit pas très complète.
Les fumées couvraient encore la gloire de la victoire, et celle-ci ne s'était point échappé de la gorge des hommes en une clameur méritée, que le stratège Miltiade s'inquiétait : oui, ils avaient gagné, mais Athènes allait brûler car nul là-bas ne s'attendait à leur succès.
Cette victoire ne servirait à rien, si les Citoyens se brûlaient tout seuls comme des grands, pyromanes en fuite. Miltiade se tourna vers son aide de camp qui lui-même était tout ensanglanté.
- Koukounios mon ami.
- Parle, Miltiade.
- Il nous faut mander émissaire vers la ville, ou cette victoire sur la Perse n'aura été qu'une rustine.
- Tu as de l'humour Miltiade.
Mais qui envoyer ? les hoplites avec leur lourd équipement n'étaient pas des plus rapides, et la plupart étaient blessés. On en trouva quand même un, volontaire, Philippidés un brigand, qui bottait souvent les habitants de Sparte avant d'avoir fait carrière. On en trouva un second, un Canard qui faisait partie de la cantine du cuisinier.
- Bien Koukounios, déclara Miltiade. Si Philippidès a botté bien des gens de Sparte, c'est qu'il a des spartiates aux pieds, qu'il prenne la route. Quant à ce canard, il a des palmes, qu'il prenne la mer jusqu'au Pirée.
Philippidès partit en courant, quand au Canard il partit dans l'eau mais dans le mauvais sens.
- Mais tu es fou, criaient les armées.
- Non, je suis sûr que la terre est ronde.
- Voilà qu'il se prend pour une colombe, crie Stoffe.
- Comment un animal qui arrête pas de répéter coin coin peut croire que la terre soit ronde ? pleuraient les autres.
Alors que tous déprimaient, un second volatile, intervint brandissant des parchemins, c'était Kokos le perroquet le plus intelligent du monde. Il venait d'inventer une machine facile à réaliser : un deltaplane ! en une heure l'engin était monté, et Kokos décolla des falaises. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il survola Philippidès, et atteignit l'Agora d'Athènes. Arrivé au milieu des citoyens il s'écria :
- Il est beau Kokos, il est beau.