De même qu'il est important de ne pas confondre carton et caneton, surtout au restaurant, malgré qu'avec certains accents mâchouillés on puisse parfois se tromper, de même il faut observer les subtiles différences entre les bouées et les ballons de baudruche. La bouée, elle, elle picore le matin son ami (ou son amie, ça dépend des bouées) du petit déjeuner. Apnées irréalistes, et crissement des latex sur les coutures des bouées. GRAMMATICALEMENT LOVE. Et puis autour du café crème, faire tinter les cuillers, noyer du sucre, et dans spirales de bulles en couleurs, dessiner des baisers tourbillonnés. En éloignant la table, en rapprochant les chaises, pianoter sur ta cuisse des sonates et des airs, des chansons de chercheurs d'or, des sésames ouvre-toi, qui approchent ta bouche de la mienne. Sur la route du pays où la vie est moins chère, elle a croisé un canapé qui faisait une gueule d'enterrement et qui s'appelait Lambada. C'est un peu comme les ponts qu'elle construit de sa nuque aux mollets. C'est sûrement ce que tu appelles le pire. La suspension voûtée, l'arc blanc crème qui finit sur deux branches chaleureuses, les dessins de colonne, le velouté des côtes, et sur les ralentisseurs la fente qui recèle les secrets du monde, ceux qu'on échange sur l'oreiller, pas tant que l'oreiller veuille écouter, mais qu'il est mordu ou agrippé. C'est un pont qui tient à ce que de gris nuages le prennent. Dans le cadre d'une liaison les première et seconde personnes sont zamoureuses. La troisième est tamoureuse. De toute évidence, ça fait canapé sur le blini. GRAMMATICALEMENT LOVE. Ma chérie a mis une mobylette dans sa cafetière, elle carbure au percolateur. D'une cafetière intergalactique qui draine les saveurs colombiennes et les mokas torréfiés au milieu des espaces de coccinelles et les toiles d'araignées.
Des « j'ai le goût chlorophylle d'un Hollywood chewing-gum, qui se trimbale à l'orée des mots, sur les traces de ta langue. »
Coupure de réseau. Mon amour se cogne la tête. Elle a une bosse et déplie les pattes d'araignées en soufflant dessus. Sur le rebord du paradis, comme escaladé sur ta hanche. Tu t'endors de côté, comme une chaîne de montagnes à 40°, un instant de relief, dans le froissé des draps, et le velouté de la trêve des amants. Pendant ce temps sur le piano de cuisine, glisser sous ta jupe des caresses en douce, et ta paume des mains sur les carreaux en dur, écouter le café qui reste dans la machine, et le blouffebouille de l'eau.
Ça se dit pas non plus ça... Des « je n'ai pas assez dit comme j'aime ta bouche, la retenue de tes dents, et tes lèvres quand elles se perdent sous mon ventre. »
C'est l'heure où les doigts en ciseaux déambulent dans le confort et la
protection des velvets miroitants. Sur la peau, les au secours des jambes
digitales éparpillées tremblent. C'est l'heure du make it easy et des
chorégraphies du sud. C'est où le Mont Paradis ? Séoul Séoul Séoul... La chambre
ne sera que désordre, et les jambes entre elles ne tiendront plus leurs places,
en échafaud pour corps hachés, jusqu'à ce que la petite mort s'ensuive.
Et toute l'extinction des sens, l'interrupteur du goût de ta chair sur le bout
de ma langue. je mords, (ce qui passe, un incurvé de hanche, une pointe de sein).
Et moi de penser à des tops bulgares qui font yop yop. C'est velouté
les fraises quand on y pense. Et caetera... Ta colonne joue les vallées
encaissées, à l'érosion du tortillement de tes hanches, à la lumière du matin,
à celle de l'abat-jour de la nuit, au revers de la main sur les fjords, à la
brasse dans les courants, à la traversée des reins, au chevauchement superposé
des rivières. Ta colonne est un pays sans matin, elle est un pays sans soir,
elle est un pays où toute heure s'enfuit, dont la ravine s'élève sous l'index
le majeur, dans les goulets des vertèbres, aux rails suspendus des côtes,
justes perceptions tactiles d'un continent de dos. Il est question de ne pas
attendre, de ne pas s'empêtrer de la journée. Il est question de vivre tout ce
qu'il est bon de vivre... le manteau repose sur le perroquet... le manteau
repose sur le perroquet... le manteau repose sur le perroquet... il est beau
coco, il est beau... le manteau repose sur le perroquet... le manteau repose sur
le perroquet... le manteau repose sur le perroquet... et le reste dans ma
bouche s'éprend, agenouillé à la source de ton inflexion, ma main alpiniste
tient à ta hanche. Je te mangerai entière. Et ton tronc dira ma faim de pêche
dégoupillée. Pour faire une bonne petite salade de fruits, il faut une banane
et une bonne poire. Si un abricot traîne par là, c'est encore plus sexy.
Des « mange moi encore, si tu veux mon amour, draine-le dans ses raisons érectiles, puis les plus prosaïques endormies de l'amant épuisé. »
My darjeeling, I'm a teaspoon. Entre Summer in the City des Lovin' Spoonful, comme quoi les cuillérées peuvent être surprenantes, et Remember (Walkin' in the Sand) des Shangri-Las, dans le classement des 500 meilleures songs ever du Rolling Stones magazine, reprenons-nous. Ça ne peut pas être qu'une chanson... ni des décors scintillants bleus Hawaï comme des nœuds coulants à l'élastique sous-vestimentaire. Après tout, wise men say only fools rush in... Little Girl Blue, Nina Simone : une taille un genre et une couleur. L'heure des berceuses. Les jolies chansons chassent les monstres, j'y crois... Vroum vroum avec la petite choupette, c'est zoom zoom zang dans la Volkswagen. U ne chanson, un accident d'Elvis Presley, tombé au hasard de la caresse. Dans nos dos, du moucharabieh plastique malléable souple rigide cassant d'une grille ronflante de haut-parleur de télévision... Ça s'appelait alors Plaisir d'Amour...
J'aime juste bien faire Brésil en première langue avec la tienne.
Voilà. Ça c'est dit.