Ce fut un choix difficile à prendre pour lui qui avait toujours vécu dans la forêt. Le Canard Flottant s'est penché sur cet exemple d'exode rural.
Le Canard Flottant : Bonjour Jacques.
Jacques : Bonjour Canard.
Le Canard Flottant : Alors, Jacques tu as quitté ta forêt pour vivre dans un bowling. Ce fut difficile.
Jacques : Ah ben oui, c'étaient les boules.
Le Canard Flottant : Pourquoi partir alors ?
Jacques : La lassitude. L'écorce c'est bien, les bastiais, les ajacciens, tous sympas. Mais vivre tout le temps dans un tronc, c'était sciant.
Le Canard Flottant : Alors, un jour, tu craques, tu pars ?
Jacques : Oui, au cours d'une soirée mondaine. Bonjour, salut, tu vas bien. Je me présente, Jacques du tronc... et puis toute cette vie sociale !!!
Le Canard Flottant : C'était pesant ?
Jacques : oui, tout le temps, fais pas ci, fais pas ça, et puis on nous cache tout on nous dit rien, tu te mets vite à rêver d'un petit jardin avec une table et une chaise de jardin avec deux arbres, un pommier et un sapin au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin. Et puis tout le temps serrés les uns sur les autres. Sans vous parler des sept cent millions de termites chinoises.
Et moi, et moi, et moi. Petit, petit, petit, tout est mini dans notre vie, mini-moke et mini-jupe, mini-moche et lilliput.
Le Canard Flottant : Donc, il est minuit docteur Schweitzer, puis 5 heures Paris s'éveille, vous partez vivre au bowling ?
Jacques : oui, c'était ça ou le cactus.
Le Canard Flottant : Et pourquoi le bowling ?
Jacques : J'aime les quilles de chez Castel. J'aime les quilles de chez Régine. J'aime les quilles qu'on voit dans "Elle". J'aime les quilles des magazines. J'aime les quilles de chez Renault. J'aime les quilles de chez Citroën. J'aime les quilles des hauts fourneaux.. J'aime les quilles qui travaillent à la chaîne.
Le Canard Flottant : Merci beaucoup.
Jacques : Pas de quoi. Faut que j'aille rejoindre Françoise ma petite Laurel du strike.
