• Mon père était un canard sauvage, et ma mère une bouteille plastique, belle Contrex, elle traînait sur la plage, il avait perdu son chemin pour l'Afrique.

    Ils rêvaient de mer, mais aussi de flots et de rivières, d'ondes éphémères, où plus rien ne s'accroche, que des îlots polystyrène.

    J'ai ouvert les yeux aux rayons accessoires, pour le bain dans les serviettes éponges, un petit dégonflé pas beau à voir, comme un canard tout plat qui songe.

    Car je rêvais de mer, mais aussi de flots et de rivières, d'ondes éphémères, où plus rien ne s'accroche, que des îlots polystyrène.

    De mon père j'ai le sens de l'aventure, de ma mère les courbes graciles, là où les autres se contentent d'être ceintures, autour des tailles des filles faciles...

    ... moi j'aurai la mer, mais aussi les flots et les rivières, les ondes éphémères, où plus rien ne s'accroche, que des îlots polystyrène.



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  • Il fut un temps, où primait l'American Way of Life, temps où chaque bouée rêvant de finir à Miami Beach, on les voyait s'écrier dans la rue : "A chacun son GPS", un GPS étant comme l'indique le sigle, un Gros Plein de Soupe.

    Aujourd'hui certaines bouées sont équipées d'émetteurs GPS, voire de boussoles. Une bouée qui ne perd pas le nord, c'est un gage de sécurité pour qui veut aller à l'ouest et aurait un compas dans l'oeil.

    Jusqu'ici rien de bien important. Si ce n'est qu'un jour, je croisai une bouée qui me glissa à l'oreille : "Déboussole-moi encore..."

    J'étais bien étonné, (effectivement il y avait eu une attirance, déjà, magnétique, peut-être, mais je l'avais déboussolée !), bien surpris, persuadé que c'est essentiellement le courant qui fait chavirer danser et se retourner mes congénères. Mais je m'engageai pour la marine marchande, et frottai mon popotin le long de quelques croisières, tel un homme menotté dont le derrière lui démangerait, sur les ponts de multiples coques, le long de mille garde-corps.

    Tout couillon chargé de plein d'ions mignons, je la retrouvai après mes périples, et lui tournai la tête, je crois. La mienne tournait déjà. Et sur une prise de bec ou de judo quoiqu'après tout bien électrique, pour le public l'histoire s'arrêta.



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  • De même qu'il est important de ne pas confondre carton et caneton, surtout au restaurant, malgré qu'avec certains accents mâchouillés on puisse parfois se tromper, de même il faut observer les subtiles différences entre les bouées et les ballons de baudruche.

    Un ballon de baudruche passe sa (courte) vie, à s'envoyer en l'air, à s'éclater, à se dégonfler.

    Dans les moments les plus merveilleux de sa vie, il est trituré noué, et on le traite alors souvent en chien ou boudin. Il passe rarement la nuit.

    La bouée, elle, elle picore le matin son ami (ou son amie, ça dépend des bouées) du petit déjeuner. C'est l'effet ricoré, prélassement, rail de bonheur pour trains de baisers esquimaux. Apnées irréalistes, et crissement des latex sur les coutures des bouées. Le petit déjeuner (est comme les autres repas) le plus important de la journée. Même pour les bouées.



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  • Les plus grands spécialistes du monde l'affirment, une bouée est un corps flottant destiné à indiquer un mouillage ou un possible danger. Les bouées sont aussi parfois des boudins qui retiennent les hommes à flot. Elles ont des codes, des couleurs, elles sont normalisées.

    Et à part ça ?

    Dorénavant, vous ne regarderez plus les bouées de la même manière. Vous ne les traiterez plus de boudin. Vous ne les gonflerez plus. Vous ne les laisserez plus aller à vau-l'eau. Vous ne les prendrez plus à la taille, sans une pensée, pour Duck La Bouée, le Canard Flottant. Parce que Duck La Bouée, c'est moi.



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