• Les Aventures de Zoreau, l’Agneau Justicier

     


    Laissez moi vous causer d'un ami merveilleux que j'ai eu par le passé, quand j'étais un jeune canard fougueux. En ces temps reculés je vivais dans le sud-ouest, dans une petite ferme tenue par un couple de métayers espagnols, José et Maria Angel. Le temps était aux grandes exploitations, aux poules en batterie, et à ces brutes de bœufs génétiquement modifiés. Tout autour, les petites fermes avaient disparu, laissant la place à ces grands complexes. Pour nous animaux, ça ne changeait pas vraiment grand chose. La nuit venue, nous franchissions gaiement les barrières électriques pour traîner dans les clairières.

    Les choses changèrent vraiment, quand arrivèrent des animaux féroces et méchants, dont les noms (nous ne le savions pas) évoquaient leur avenir de bête de somme dans une petite boîte en carton. Ces Chicken Mythic le poulet, Big Mac le gros bœuf, Mc Bacon le Cochon, entre autres, étaient vraiment insupportables. On les soupçonnait d'être carrément à la solde de leurs patrons qui n'avaient de cesse de tenter d'acheter la ferme de Los Angeles nos maîtres.

    Nous, nous étions une bonne petite bande, élevée au plein air. Il y avait Cocci, mon amie Coccinelle, Sam, le Chat, pour ceux que je fréquentais le plus, mais c'était sans compter, les petits poussins, Mi-mollet, Mimosa, Mayo, Dur, et Alacoque, leur mère Poulette. Il y avait la belle Danielle, une Dame au frisé parfait, que nous appelions tous Dame d'Agnelle, et dont était secrètement amoureux l'Agneau qui vivait derrière une vieille Vespa avec son aquarium : Don Gigot. C'était un garçon timide et maladroit qui s'occupait de son aquarium continuellement, en restant dans son coin. Il possédait un petit poisson rouge sourd-muet, qu'il oubliait toujours un peu partout et qui s'appelait Bernardo.

    Un soir de pleine lune, nous avions prévu d'aller faire un pique-nique sous la pleine lune, quand nous fumes agressés en chemin par trois bandits. L'un d'eux avait un bec, le second un groin, et le troisième des naseaux, mais hormis cela, nous n'avions aucun indice sur qui ils étaient. Ils avaient des bâtons qui en virevoltant dans l'air faisaient des choui choui, très menaçants. Ils nous piquèrent nos provisions (et surtout la bibine, parce que bon être un canard c'est bien sympa, mais sans alcool, c'est particulièrement chiant).

    Nous décidâmes tous de rentrer tout penaud par chez nous. Mais Don Gigot ne rentra pas avec nous, se plaignant d'avoir fait pipi dans sa laine tellement il avait eu peur. Il nous dit donc qu'il allait se rendre à la rivière, avec son petit aquarium.

    Mais il n'en fut pas ainsi. Il parcourut tous les bois jusqu'à un petit bar que fréquentent les malfrats de ces lieux. Là, arrivé au comptoir il oublia son aquarium, et il partit faire le tour des vitrines parce que c'étaient les soldes. Il revint discrètement quelques heures plus tard récupérer son aquarium, puis il courut pour de bon jusqu'à la rivière.

    - Hé, fit-il à Bernardo qui finalement n'était pas sourd, car c'était un fabuleux stratagème. As-tu eu des informations ?

    Bernardo pour répondre tagguait les murs de son aquarium (parce qu'il était vraiment muet comme une carpe, ce qui la fout mal pour un poisson rouge). Il écrivit péniblement :


    - Ah les gredins, s'emporta Don Gigot. Il faut que je rende justice.

    Bernardo tapotait à sa vitre, il avait une idée :


    - Ah, ça c'est une bonne idée !!!


    Et c'est ainsi que Zoreau surprit ses trois ennemis alors qu'ils étaient complètement affalés parce qu'ils avaient trop mangé. Il les tapa, tapa, et signala un gribouillis sur leurs corps parce qu'il écrivait comme un poisson rouge. Puis il rentra chez lui, le devoir accompli, et il s'apprêtait à s'endormir derrière sa vespa avec son petit Bernardo, du sommeil du juste.

    Quand soudain, une voix tonna à l'entrée de la ferme :

    - Don Gigot de la Vespa !!!! où es-tu ???

    Ces trois ennemis étaient là, prêts à en découdre. Pourtant il avait fait bien attention à ne pas être suivi.

    - Nous savons que tu es Zoreau !!!

    - Mais comment ? s'indigna l'Agneau.

    - Ben, il suffit de lire le titre !

    Et il se jettèrent sur lui. L'agneau s'écria :

    - Mêêêêê...

    - Choui... firent les armes de ses adversaires.

     

    Voilà, je voulais juste vous causer d'un ami merveilleux que j'ai eu par le passé, quand j'étais un jeune canard fougueux. J'ai jamais dit que ça finissait bien.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :