• Au nom de la liberté

    Pendant que la Coccinelle était à la montagne à rider comme une folle, un petit lapin s'échappait des salles immaculées et blanches d'un laboratoire Milka. Furetant comme il pouvait, franchissant les barrières, rampant à même l'herbe pleine d'une rosée qui lui était inconnue, il arriva non sans encombre à l'orée la plus proche.

    Des petits yeux brillaient dans la nuit qui témoignaient de présences qu'il fallait peut-être craindre. Le lapinou se leva vaillamment sur ses petites pattes, prêt à se battre pour cette liberté nouvelle qui était la sienne.

    Mais il s'inquiétait pour rien : c'étaient d'autres lapins qui l'accueillirent non sans joie.

    Les « salut copain » festifs explosaient dans tous les coins. Jamais il n'avait vu un lapin s'évader du laboratoire. « Viens viens on va te montrer la vie en plein air » entendait-on partout.

    « As-tu déjà mangé de la laitue ??? »

    Bien sûr il n'avait jamais mangé de laitue, mais il n'avait jamais cueilli de carottes non plus, il n'avait jamais eu que des granulés... qu'est-ce que c'était bon !!! il se goinfra comme si jusqu'alors son nombril avait toujours été dans son dos.

    « Mais tu n'as jamais rencontré de lapine coquine ??? »

    Bien sûr il n'avait jamais rencontré de lapine coquine. Alors on l'entraîna au lapinar le plus proche, avec une déco trop chic, dans un terrier qui fleurait bon la fête.

    Après quelques minutes de folie - parce que bon, c'est un lapin quand même - il retourna s'étendre sur le dos avec ses nouveaux amis. La lune était belle, et la liberté si douce. Des questions fusaient de partout :

    « Alors, ça te plait la vie avec nous ? », « tu vas rester hein ? », « elle est trop chic la déco du lapinar hein ? »

    Mais notre lapin de se lever très solennel, et d'annoncer qu'il rentrait au laboratoire. Des protestations s'élevèrent : « mais pourquoi ? », « mais qu'est-ce qu'il y a ? », « elle était pas chic la déco du lapinar ? » Et notre lapin de s'expliquer :

    - Les amis, ça n'a rien à voir avec vous, faut dire ce qui est : la bouffe, les nanas, le vent sur la nuque, tout ça c'était trop trop bien. De la balle, que dis-je !!! de la super balle ! mais je vais quand même retourner au labo les amis... j'ai trop envie d'une bonne clope !

     



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